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Technique généralement utilisée pour la pêche de la truite en eaux rapides avec des appâts naturels, la pêche au toc a trouvé ses origines dans les Pyrénées, après la fin de la seconde guerre mondiale.

Pourquoi le Toc ?
C'est tout simplement la sensation que l'on ressent lorsque la truite saisit l'appât, cette succession de vibrations étant tout à fait caractéristique, et le fait de tenir le fil à la main rend la sensation d'autant plus excitante !

Principe :
A l'aide d'une ligne muni d'un guide-fil (rigoletto, sorte de tout petit bouchon mais que l'on maintient au dessus de l'eau de manière à savoir ou est la ligne ), et d'un bas de ligne plombé, on prospecte les postes de la truite, en utilisant une canne (à fil intérieur, ou avec des anneaux style canne anglaise de 3m50 à 5 m), tout en tenant la ligne du bout des doigts on fait dériver l'appât (vers, teignes, asticots, mouches naturelles ou artificielles, sauterelles..) devant les postes en faisant très attention à sa présentation. L'appât toujours devant, jamais les plombs !!!

Action de pêche :
Le plus difficile est de faire dériver l'appât de telle façon qu'il rase le lit de la rivière naturellement, à la vitesse du courant. Pour les droitiers, maintenez la canne suffisamment haute. C'est avec la main gauche que vous donnez à chaque fois le nylon nécessaire à la dérive. La ligne doit de préférence évoluer avec l'appât vers l'aval. Lorsque le fil est entraîné par le courant, abaissez très légèrement la canne vers l'aval, tout en conservant le contact avec la main gauche. En fin de coulée, le bras et l'avant-bras accompagnent le mouvement vers l'aval. Prospectez ainsi chaque poste en favorisant les endroits encombrés, les chutes d'eau, l'abord des grosses pierres immergées. Attachez-vous en priorité à la berge sur laquelle vous êtes avant de faire dériver votre ligne sous celle d'en face. Pour éviter de vous faire repérer par le poisson, remonter la rivière ou le ruisseau en restant relativement éloigné du poste à prospecter.
Il est impératif de bien lire l'eau pour repérer les bons coups et savoir où lancer/poser son appât pour le faire arriver là ou l'on le désire. Ne pas hésiter à passer sous les branchages et autres endroits difficiles d'accès car les truites se tiennent souvent là.

Le montage :
La position des Rigolettos (les indicateurs de fil) est réglable, à vous de les ajuster en fonction de la profondeur de la rivière ou du coup à pêcher, très rapide à faire. Mon grand père n'utilisait pas ces rigolettos mais utilisait juste un fil de laine rouge sur son bas de ligne pour le repérer !
La plombée dépend de la force de l'eau, de la profondeur et de la taille de la rivière que vous pêchez. Eau forte, il faut augmenter la plombée pour pas que l'appât descende trop vite dans les courant. Petit ruisseau, en été avec peu d'eau, faible plombée pour pas que votre appât soit toujours au fond et accroche en permanence.
Normalement, on pêche fin au toc c'est-à-dire pas plus gros que 18/100ème. Typiquement, l'été, ma ligne est en 16/100ème et mon bas de ligne en 12/100ème. Au printemps, avec de l'eau plus forte, ce sera du 18/100ème pour la ligne et du 14/100ème pour le bas de ligne. La taille de l'hameçon est fonction de l'appât utilisé. On peut utiliser tout appât naturel mais aussi des nymphes artificielles (nymphes noyées), ça marche très bien !
On peut aussi utiliser des mouches vivantes ! A partir d'asticots, les mettre à la chaleur pour 10 jours et vous obtenez au final de belles mouches bleues qui éclosent. Je pique la mouche vivante sur l'hameçon (entre les 2 ailes) et pêche avec ça. Je vous garantis que même un jour de canicule, dans très peu d'eau, aucune truite ne résiste à ça ! Elles bondissent dessus, et la touche est violente. La sauterelle vivante marche également très bien. Au printemps, le ver est très bon.

Le gros plaisir de cette pêche est que c'est réellement de la chasse/pêche. C'est une pêche très dynamique, toujours en mouvement, en remontant la rivière, toujours à l'affût. Il faut repérer les jolis coups, bien lancer sa ligne, accompagner et présenter son appât et attendre le TOC-TOC ! Bien sûr le ferrage doit être immédiat et bien appliqué. Parfois également on ne sent pas de touche mais le fil s'arrête net dans le remous, la truite a avalé l'appât et ne bouge plus, il faut donc être vigilant et toujours faire un petit ferrage dans ce cas pour être sûr de ne pas rater le poisson.

La technique nécessite un petit apprentissage mais c'est relativement facile. Le matériel n'a rien de très spécial excepté la canne qui doit être longue et légère de préférence pour pouvoir pêcher des coups éloignés sans être vu et pouvoir maintenir la ligne tendue et accompagner l'appât où l'on veut. Le moulinet peut être un moulinet de lancer très léger. Ca fait 25 ans que je pêche, j'ai touché à tous les styles de pêche mais c'est de loin celle que je préfère !

Article rédigé avec la participation de Thierry Alquier.